Contre-enQuête

21 novembre 2017

Le film autour d’Alain Ducasse, sorti le 11 octobre dernier, n’a pas rencontré le public. Moins de 6000 personnes se sont déplacées la première semaine dans les salles. Et ceux qui l’ont fait ont attribué la note de: 2,9/ 5 via le site allociné.

L’express.fr avait prévenu : « si vous êtes un passionné de gastronomie ou connaissez déjà l’univers d’Alain Ducasse, vous n’apprendrez rien de plus.  Si vous ne connaissez le monde culinaire qu’à travers les concours culinaires télévisés, vous pourrez en découvrir un peu plus sur cette incoutournable figure du milieu ».

La « Quête » se voulait donc celle d’un public large, de 7 à 77 ans. Une intention confirmée par son réalisateur, Gilles De Maistre. Alors pourquoi, malgré 2 ans d’immersion dans les coulisses de l’excellence et le savoir-faire d’une équipe de production reconnue, la mayonnaise n’a-t-elle pas pris ? Est-ce vraiment un flop pour Alain Ducasse ?

L’analyse de la bande annonce donne quelques éléments de réponse. Rien de « concernant ». On y parle de dîners privés au château de Versailles. De déterminer quel est le meilleur caviar au monde…à un grand public qui n’a pas ou peu eu l’occasion d’en goûter, quel que soit sa provenance.  Le cinema est aussi là pour faire rêver, me direz-vous.  Oui, mais pas là. Ce teaseur n’affiche ni doutes, nuances ou zones d’ombre à ce personnage pourtant humain auquel on aurait bien voulu s’attacher pour avoir envi de suivre sa quête. Même à Hollywood, une success story « sans effort » ça n’existe pas.

Il se dit que les équipes n’étaient pas en accord sur le montage, la bande annonce le confirme. Dommage. Alain Ducasse était assez peu populaire jusque-là (cf le micro trottoir que j’ai réalisé il y a un an à Paris : les gens reconnaissent souvent son visage mais ne savent pas toujours son nom.) Il le reste après ce film.

A propos de ce naufrage, Atabula.fr conclue qu’ « un chef n’existe et ne peut exister qu’à travers sa cuisine». Discutable. Cyril Lignac est le contre-exemple : il est depuis dix ans le gendre idéal de la ménagère, qui n’a pourtant jamais goûté sa cuisine mais lui voue une confiance et une fidélité sans faille.

Les producteurs n’ont pas réussi leur pari. Pour autant, Alain Ducasse, lui, n’a rien perdu. Etre affiché sur grand écran c’est tout de même inscrire ses lettres de noblesse au 7e Art. Le prestige importe plus que le nombre d’entrées quand on sait qu’il est désormais le seul chef multi étoilés à avoir eu – autour de sa propre personne, de son vivant, et incarné par lui même- un film au cinéma.

#RissPost

 


 

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